Contre La Pensée Unique

29 avril 2006

Les Nouvelles Frontières

"c'est au moment où les frontières entre grandes civilisations s'effacent...[que de nouvelles frontières] se fixent dans les esprits, les comportements et les discours." (L'Islam mondialisé, O.Roy. p11)


Phénomène de mondialisation qui accentue le libéralisme dont il a déjà été question,  mondialisation que l'on retrouve jusque dans notre vie quotidienne : par le Net "the global village"...On nous vante les mérites de la mondialisation : plus de circulation des biens, des gens, des idées. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, oui sans doute !

Puis on écoute l'anonyme dans le métro, le politique à la télé, les bons citoyens... les idées et les personnes circulent tellement bien que c'en est trop !

Ces frontières géographiques qui rassuraient, celles que nos aïeux ont défendues avec tant de naïveté, ne sont plus que des pointillés. La peur de l'étranger revient en force. Par défense l'humain, qui n'est qu'humain après tout malgré ses beaux discours, recrée donc les barrières, virtuelles celles là, dont les fondations sont à chercher dans notre Histoire commune.

A l'heure où l'on n'a jamais autant parlé de citoyenneté partout, le bon citoyen n'hésite plus - parfois au nom d'une population entière - à dire sa haine de l'étranger, sa haine des autres.

Posté par LedSwansong à 20:35 - Commentaires [3] - Permalien [#]


28 avril 2006

Camille Claudel l'enragée

Biographie rapide : 1864-1943. Famille bourgeoise. Détestée par sa mère. Adorée par son frère (Paul, le diplomate - écrivain). Amante de Rodin. Sculpteur.

Pourquoi Camille Claudel ?

Parce qu'elle représente à elle seule l'abandon absolu.
A l'heure où une femme se devait de garder ses pensées pour elle-même (d'ailleurs une femme ça ne pensait pas, si ?), élever ses enfants dans la tradition, faire honneur à son mari (ça veut dire quoi ça ?), K.mille, elle, faisait de la sculpture, refusait tous les codes de son époque, se faisait remarquer avec Rodin, donnait la poèsie de Rimbaud à lire à son jeune frère, en un mot, elle osait vivre comme les hommes. Sacrilège !
Elle, une femme, sculptait des hommes nus, choquait par ses apparitions en public, envoyait des crottes de chat au Ministre de la Culture....
Bien sur, nous dit on, elle n'était plus vraiment elle-même, sa passion lui avait dérangé l'esprit, Rodin l'avait abandonnée .... (Il avait une vie publique, en costard-cravatte. Elle ? Elle avait son art et ne voulait rien lui sacrifier.)
Aussi, quand son père décède, la mère - et le frère adoré - s'empressent ils de la faire interner. Pour son bien.
Nous sommes en 1913.
Quelques 30 ans plus tard, K.mille est toujours internée. Paul a sa carrière ...il ne peut surement pas prendre le risque de faire sortir cette soeur incontrolable qui a développé un penchant pour la paranoïa (on  deviendrait parano pour moins !) - ah la lâcheté humaine ! - Pendant 30 ans K.mille ne produira rien, elle restera enfermée, puis décèdera pendant la guerre...ce qui explique apparemment qu'elle ait été enterrée dans une fosse commune !

 

Que reprochait on à Camille Claudel dans le fond ? D'avoir plus de talent que son maître alors qu'elle n'était qu'une femme ? De refuser les codes établis ? D'oser plus que n'importe qui ? D'être elle-même , sans fard ?

 

La Société n'aime pas qu'on se refuse à elle.

Posté par LedSwansong à 19:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 avril 2006

le libéralisme selon A.Soral

"Le libéralisme n'est pas l'alternative au commmunisme sur la voie laïque du bien. Il est la négation individualiste, jouisseuse, cynique de toute transcendance...Or, aucune société humaine ne peut perdurer longtemps sans une idée transcendante d'elle-même, et sans l'idée du bien" (Abécédaire de la bêtise ambiante, p169)


Le libéralisme tel que les Etats Unis nous le donne à voir s'est effectivement posé en contre poids face à l'Urss - souvenez vous de la guerre froide, les deux blocs qui tenaient le monde en équilibre, l'affrontement de deux modes de pensée - or tous les jours nous voyons les limites dénoncées ici par Soral de ce libéralisme devenu presque fou, où on a bien le sentiment que l'économie et ses lois régissent tous les autres domaines, quitte à ce que soient sacrifiés des milliers d'ouvriers (on parle pudiquement de délocalisation...) pour le bien être de l'entreprise. L'individu est roi certes, mais l'entreprise est reine, c'est à dire,  ce que l'humain semble avoir acquis (son individualité reconnue voire revendiquée !) est complètement nié par l'entreprise: l'Ogre individualiste engendré par le Libéralisme n'a que faire de votre ou de mon individualité, une force de travail vaut une autre force de travail, et si en plus il peut la payer moins cher...

La notion de Bien n'appartient pas au monde libéral, seul le profit semble valorisé, et ce, peu importe le prix à payer puisque ce ne sont pas les dirigeants de ce monde libéral qui le paieront. Tout ça me rappelle le developpement des états unis naissants grâce aux esclaves noirs...mais après tout, à en croire les politiques, le colonialisme c'était une bonne chose....donc l'esclavagisme moderne serait aussi une bonne chose ?

Un politique pouvant admettre de nos jours que le colonialisme (et on sait ce que ça a engendré comme souffrances, comme humiliations, comme tortures et autres maltraitances) fut positif (même en partie) est un homme dangereux qui ne peut s'exprimer ainsi que parce que le libéralisme domine. Donc si le libéralisme peut justifier ce genre de pensée et de propos -ça n'a pas choqué tant de monde quand la loi est passée - ça laisse présager du pire pour les années à venir.

Réduire un être humain à une simple force de travail sans que personne ne s'en émeuve marque une regression qui semble acceptée par le plus grand nombre...à moins qu'on fasse tout pour "endormir" les populations pour qu'elles ne s'en rendent pas compte ? Merci la pensée unique ?

Posté par LedSwansong à 03:13 - Commentaires [1] - Permalien [#]